Plaçons au cœur de la création des
corps,
un espace et
des écritures.
Concevons ensemble un moment de théâtre,
une expérience concrèteà la croisée des
chemins.
Pensons notre assemblée comme un territoire
de l’intuition, de l’écoute, de la vision,
et croisons les écritures.
Les langues poétiques collaborent.
Invitation est alors faite au public et à chacun
de se découvrir lui-même
nouveau,
sur le chemin d’une aventure humaine,
la pensée désentravée,
les organes sensoriels en éveil.
AU BORD DU FLEUVE
Nous
entamons un cycle de création,
au cours duquel nombre de textes nous inspirent
et nous aident à travailler.
Durant ce cycle, nous allons convier le public
à des « moments » au bord du fleuve,
dans une dizaine de lieux différents,
pour « expérimenter » cet ensemble d’écrits
qui forment comme un archipel
dans la mare nostrum de notre inconscient collectif.
Faire en sorte que le public soit aussi le créateur.
Que la collaboration des langues poétiques
révèle un sens profond, la forme originelle
d’une
Question qui passe à travers les âges
comme un fleuve en nous.
QUANTIQUE DU FLEUVE
Le
fleuve est une entité dont les propriétés
sont en dehors de la logique familière
du temps et de l’espace.
Un verre d’eau pris dans le fleuve
est virtuellement partout
entre la source et l’embouchure.
Et toute goutte d’eau porte en elle la forme du
fleuve.
Ainsi l’eau du fleuve
est comme la première des métaphores,
avant la berge ou le passage.
Dans les moments de silence,
un regard sur l’eau en mouvement.
L’eau et les rêves, associés au silence.
Un mot.
Dans le même temps,
des centaines de mètres cubes d’eau se sont déversés.
Un mot,
et le rite a commencé, une invention collective.
Face au fleuve qui est là
et simultanément qui est en amont et qui est en aval,
on sait déjà qu’un enfant abandonné
dans une barque aura un destin.
Bertrand Louis – septembre 2008